L’Hymne de la LNI – La feuille d’érable

Publié: février 16, 2011 par coupecharade dans improvisation

Lorsqu’a été imaginé le match d’improvisation comme spectacle théâtral, la reprise de tout le décorum d’une véritable partie de hockey était incontournable. Il fallait faire précéder la partie d’une période de réchauffement public, de la présentation officielle des équipes et, bien sûr, d’un hymne national.

Le « Ö Canada » de Basil Routier, mis en musique par Calixa Lavallée, fut d’abord un chant patriotique canadiens-français (en réaction au God save de King / Queen) chanté allègrement par les Canadiens anglais. Introduite en 1880 par la Société St-Jean-Baptiste, la chanson était chantée avec ardeur dans les écoles catholiques francophones et lors des événements sportifs. Elle eut plusieurs traductions en anglais et fut recommandée au parlement d’Ottawa comme hymne national du Canada en 1967 et adoptée officiellement en 1980, dans une version bilingue qui finit par donner de l’urticaire aux nationalistes québécois.

Quand la LNI a vu le jour, en 1977, le Parti Québécois venait d’être porté au pouvoir pour la première fois à peine dix mois auparavant. Il ne pouvait être question, en cette ère où le théâtre se voulait quand même contestataire, de chanter le « Ö Canada », comme on le faisait au Forum, à l’époque. Il fallait trouver un équivalent moins susceptible de provoquer la controverse tout en conservant le clin d’œil.

C’est Pierre Martineau, créateur du rôle de maître de cérémonie, qui proposa cette vieille chanson de folklore que lui chantait sa mère dans sa jeunesse : « La feuille d’érable », chanson du français Albert Larrieu. L’auteur, venu au  Canada en 1918, se passionna pour les canadiens-français et, au cours des deux ans qu’il demeura parmi nous, composa plusieurs ballades qui s’intégrèrent au folklore d’ici, déjà largement imprégné de vieilles chansons françaises. Son hymne, qui se terminait avec les mots « au Canada », provoquait l’effet souhaité : soit une légère parodie d’un moment fort du rituel sportif.

Transmise oralement au fil des générations et ressorties des souvenirs d’enfance de Martineau, il est tout à fait normal de déceler quelques légères différences avec la version originale, retrouvée dans les cahiers de « La bonne chanson » de l’abbé Gadbois.

Les couplets aux références internationales prirent tout leur sens lors des premières tournées de la LNI en sol européen. Cependant, en France, on ne réalisa jamais qu’on venait leur présenter les paroles et la musique d’un des leurs; un poète oublié, né à Perpignan en 1872 et mort à Paris en 1925.

On peut entendre sur You tube l’interprétation d’Albert Viau enregistrée en 1945.

http://www.youtube.com/watch?v=3tx103rCJCA

Jan-Marc Lavergne

About these ads

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s